Histoire - L'Empire romain dans le monde antique

Sujet d’étude : Un juif nommé Jésus dans l’Empire romain


Ecce homo, Antonio Ciseri (1891) Palazzo Pitti, Florence - Ponce Pilate présentant Jésus aux habitants de Jérusalem.

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Les sources :

La vie, la mort et la résurrection de Jésus nous sont connues par différentes sources écrites :


- Le Nouveau Testament

  • Les quatre Évangiles, qui sont des témoignages de la vie et de l’enseignement de Jésus (manuel p. 154 Voc. et dossier p. 156-157).

  • Ils sont attribués à 4 évangélistes, tous saints : Matthieu, Marc et Luc et Jean.

  • Les Actes des Apôtres (manuel p. 154 Voc.) attribués à l’évangéliste saint Luc.

  • Les Épîtres (lettres) en particulier de saint Paul.


- Un historien romain du Ier siècle, d’origine juive, Flavius Josèphe (manuel p. 155 doc. 5).


Depuis une cinquantaine d’années, des découvertes archéologiques ont permis une meilleure connaissance du judaïsme et donc de mieux situer les lieux cités par les Évangiles.

De même, des scientifiques travaillent sur des linges qui pourraient être ceux ayant servi lors de la mise à mort et de l’enterrement de Jésus en particulier le linceul de Turin.



I. La Palestine à la naissance de Jésus


En 64 av. J.-C., le consul (manuel p. 99 doc. 2 Les magistrats) Pompée conquit la Syrie (p. 92-93 doc. 1) puis, l’année suivante s’empara de la Judée et de Jérusalem (carte p. 112-113 & p. 154 doc.  1). La Palestine devint une province romaine (p. 152 doc. 1), soumise à la souveraineté de Rome, l’imperium romanum.


Vers 40 av. J.-C., Octave, à qui le Sénat romain conféra le nom d’Auguste (p. 114 & 116), nomme Hérode roi de Judée. Ce dernier, surnommé Le Grand, entreprit la conquête de l’ensemble de la Palestine (Pérée, Samarie, Galilée). C’est durant son règne que le Temple de Jérusalem est reconstruit (p. 145 doc. 3).




À sa mort, son royaume est partagé par Auguste entre ses enfants, dont la Galilée et la Pérée à Hérode Antipas.



II. Les débuts de la vie publique de Jésus


Saint Luc raconte et date précisément la rencontre entre Jésus et Jean-Baptiste (celui qui baptise) qui est, pour les chrétiens, le dernier des prophètes du judaïsme. C’est à partir de ce moment que Jésus commence son enseignement.

Évangile de saint Luc (chapitre 3, versets 1 et 2) :


« L’an quinze du principat [manuel p. 114 Voc.] de Tibère César,

Le début du règne de Tibère date de la mort de son père adoptif Auguste le 19 août 14 (767 à compter de la fondation de Rome) (manuel p. 115 doc. 4 et p. 116 doc. 1). La quinzième année de son règne va du 19 août 28 au 18 août 29.


« Ponce Pilate étant gouverneur de Judée,

Préfet de Judée et de Samarie de 26 à 36. Il est connu de tous les chrétiens qui prononcent son nom dans le Credo : « Il a souffert sous Ponce Pilate… », « Crucifié pour nous sous Ponce Pilate… » (manuel p. 160 doc. 4).


« Hérode tétrarque de Galilée,

Hérode Antipas est tétrarque de Galilée et de Pérée de - 4 à 39.


« […] sous le pontificat d’Anne et Caïphe […] » 

Joseph, dit Caïphe, est grand prêtre de 18 à 36. Il est le gendre de Anne, ancien grand prêtre (avant l’an 15), appartenant à une des grandes familles juives pontificales.


Jésus commence donc sa vie publique à environ 30 ans. Selon saint Jean, Jésus se rendra trois années de suite à Jérusalem pour Pessa’h, la Pâque juive. Cette fête rappelle la sortie d’Égypte, sous la direction de Moïse, du peuple hébreu réduit en esclavage (manuel p. 143 doc. 5).



III. L’arrestation et le procès de Jésus.


L’arrestation est organisée par les autorités religieuses juives  qui contestent l’enseignement de Jésus. L’occasion leur est donnée par sa venue à Jérusalem pour célébrer la Pâque juive. Les Romains n’en sont pas informés. Les soldats qui arrêtent Jésus dans le jardin de Gethsémani, au pied du mont des Oliviers, appartiennent à la garde du Temple, qu’accompagnent les serviteurs des grands prêtres. C’est Judas, un des plus proches disciples de Jésus, qui sert de guide.


Jésus est emmené chez Anne, qui l’interroge (Jésus est frappé une première fois au visage — Linceul de Turin et suaire d’Oviedo), puis chez son gendre Caïphe, le grand prêtre en exercice. Les deux hommes décident de le dénoncer au gouverneur romain Ponce Pilate.

Le procès de Jésus à proprement parler – avant, c’est un interrogatoire – a pour cadre le palais d’Hérode le Grand où se rendait Pilate lorsqu’il séjournait à Jérusalem.


Au matin du vendredi, veille de la pâque juive, Jésus est présenté par Anne et Caïphe à Pilate qui résument les accusations contre lui : « Cet homme empêche de payer les impôts à César et il se dit “Messie, roi des juifs” », ce qui porte atteinte à l’imperium de l’occupant. Ils exercent aussi un chantage : « Si tu le relâches, tu ne te conduis pas comme l’ami de César ! Car quiconque se fait roi se déclare contre César. Nous n’avons pas d’autre roi que César ». Jésus est donc présenté comme un opposant à Tibère !


Pilate cherche à éviter de devoir régler la question. Pour le gouverneur romain, c’est une affaire religieuse, dont il n’a pas à s’occuper : « Prenez-le et jugez-le vous-mêmes suivant votre loi ». Mais les grands prêtres rappellent perfidement au préfet : « Il ne nous est pas permis de mettre quelqu’un à mort ». En effet, seuls les romains, puissance occupante, pouvaient rendre la justice dans les territoires occupés et selon le droit romain.


Pilate va donc sanctionner Jésus pour avoir causé du désordre dans la pax romana (p.118) : il sera fouetté puis relâché.


La flagellation était fréquemment utilisée par les Romains : les archéologues ont retrouvé des fouets romains avec des lanières de cuir ayant aux extrémités des petites billes métalliques. Sur le linceul de Turin, on compte 120 coups sur les épaules et les jambes. Puis les soldats lui couvrent la tête de branches d’un arbuste qui ne pousse que dans cette région, aux épines longues et pointues : le linceul de Turin montre une cinquantaine de traces de piqures et de sang. Enfin, ils lui jettent par dérision sur les épaules une grande cape de couleur pourpre, symbole du pouvoir dans l’Antiquité. Pilate présente ainsi Jésus à la foule (Ecce homo) : elle crie : « Crucifie-le ! ».


Pilate doute cependant d’une quelconque culpabilité de Jésus. Mais Jésus s’est déclaré “Fils de Dieu” : or, seul l’empereur — Tibère à cette époque — peut être considéré comme un dieu, un fils de dieu : Pilate, par peur, préfère commettre une injustice que de voir les grands prêtres se plaindre à Tibère, monarque « implacable et imprévisible ».


Jésus sera donc condamné au supplice de la croix. Selon les usages romains, il doit se rendre à pied au lieu de son exécution, le Golgotha, en portant sa croix. Pilate fait écrire « Jésus, Roi des Juifs » placé au sommet de la croix dans les trois langues pratiquées en Palestine ; l’araméen, la langue courante , le latin, la langue officielle de l’Empire, et le grec, la langue de la culture et des échanges.


M. de Fraguier

1er mai 2020



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