La classe inversée


Photographie de Robert Doisneau - 1956

« Les professeurs qui pratiquaient la classe inversée ont eu une très bonne adaptation à l’enseignement à distance pendant le confinement », a déclaré en mai dernier le ministre de l’Éducation nationale, M. Blanquer. Et il ajoutait : « C’est un exemple de ce qui pourrait être développé à la rentrée. »


Tel M. Jourdain qui, dans Le Bourgeois gentilhomme de Molière, parlait en prose sans le savoir, je pratique depuis plusieurs années la classe inversée sans mettre un nom sur cette méthode. Je l’ai découvert grâce à mon collègue M. Dubourg qui a enseigné le français l’année dernière à Saint-Joseph et qui en avait fait son sujet de mémoire de Master.


De quoi s’agit-il ? Particulièrement développé en Amérique du Nord, « Lecture at home and homework in class » est une technique d’enseignement qui prend le contrepied du cours magistral où l’élève attend d’être en classe pour découvrir ce qu’il doit apprendre. Ici, l’élève assimile le cours à la maison et peut l’approfondir en classe par le jeu des questions-réponses avec son professeur et ses camarades. C’est la mise en pratique du Socle commun de connaissance, de compétence et de culture qui prépare l’élève au lycée.


« La démocratisation de l’internet nous engage à redéfinir les modalités des échanges entre professeur et élèves » concluait M. Dubourg dans son mémoire. Créé en avril pendant la fermeture des établissements scolaires, le site histoire-en-cours.com permet aux élèves de découvrir des cours régulièrement actualisés et d’y revenir autant de fois que nécessaire. Ainsi, cette année, les quatrièmes n’ont plus de manuel ni de polycopiés.

Cependant, ne nous méprenons pas. La présence du professeur reste indispensable. Tout le monde, élèves, parents, enseignants, en est convaincu depuis la longue interruption du printemps dernier. Les connaissances peuvent s’acquérir via les écrans, le contrôle peut se faire à distance, mais les compétences et la culture s’apprennent au contact d’un maître.

« C’est un spectacle admirable que donnent tant de professeurs de l’enseignement secondaire, […] exposés à tout, sacrifiant tout, luttant contre tout, résistant à tout pour défendre leurs classes. »

Charles Péguy, Notre jeunesse (1910)


M. de Fraguier

Aubervilliers, 6 décembre 2020

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