top of page

Le roi, l’évêque et le comte

Dernière mise à jour : il y a 4 jours


Le sacre d’Hugues Capet en 987.



Les Capétiens, troisième dynastie des rois de France, vont régner sans discontinuer pendant huit siècles. De Hugues Capet à Louis XVI, du Xe au XVIIIe siècle, une trentaine de rois vont s’efforcer de transmettre à leur successeur un royaume plus uni et plus vaste.


Lorsque Hugues Capet est désigné comme roi par les principaux seigneurs du royaume en 987, le royaume des Francs est composé d’une multitude de fiefs, c’est-à-dire de territoires confiés à un seigneur, laïc ou clerc, qui en assure la défense, d’où l’adage : nulle terre sans seigneur. La féodalité créée par les Carolingiens, deuxième dynastie, consiste en un échange de services : tu me défends, je te sers.

 

Hugues Capet est un seigneur avec peu de fiefs. Son domaine, qui devient royal, se situe essentiellement autour de Senlis, de Paris (il est comte de Paris), et d’Orléans. Roi après roi, règne après règne, avec des hauts et des bas (la guerre de Cent Ans), les Capétiens vont reprendre, les uns après les autres, les fiefs et les réunir au domaine royal. Ils vont aussi agrandir le royaume à l’est pour lui donner la forme d’un hexagone que nous lui connaissons depuis la fin de l’Ancien Régime.







Dans les principales villes, les rois nomment un évêque et un comte.  Ils exercent tous les deux le pouvoir au nom du roi dans une monarchie de droit divin où coexistent religieux et laïcs (profanes).


Comme nous l’avons vu, le premier évêque de Sens est Savinien au IIIe siècle. Au moment de l’effondrement de l’Empire romain d’Occident à la fin du Ve siècle, la seule autorité qui demeure est celle de l’évêque. « Les évêques ont fait le royaume de France », écrit au XVIIIe siècle l’historien anglais Edward Gibbon dans son Histoire de la décadence et de la chute de l’Empire romain.


À l’image de saint Ebbon au VIIIe siècle, c’est l’évêque qui organise la défense et la protection des habitants au Moyen Âge. Dans la France féodale, l’évêque reçoit l’hommage de ses vassaux comme à Sens. L’évêque est à la tête de son diocèse « par la grâce de Dieu ».


Sceau de l’évêque de Sens entre 1221-1241





Armoiries de monseigneur Wintzer,

122e évêque de Sens depuis saint Savinien



Compte tenu de son emplacement stratégique entre la vallée de la Seine et la Bourgogne ainsi qu'entre la vallée de la Loire et la Germanie, les rois mérovingiens vont nommer des comtes à Sens dès la fin du VIIe siècle, ce que continueront à faire les Carolingiens.


Les rapports entre les évêques et les comtes, tous nommés par le roi, peuvent être conflictuels. Ainsi, au début du XIe siècle, le fils d’Hugues Capet, Robert le Pieux, profite de cette rivalité pour soutenir l’évêque et évincer le comte. À sa mort, Sens est rattaché au domaine royal.


Au XIIe siècle, les rois capétiens Louis VI, Louis VII et Philippe II Auguste se rendirent à plusieurs reprises à Sens. Ils résidaient dans un hôtel à côté de l’entrée de la ville, le long de l’Yonne, là où se trouve l’actuel palais de Justice (Au Moyen Âge, le mot « hôtel » désigne une résidence royale : l’Hôtel Saint-Pol à Paris).





En leur absence, le comté de Sens était administré au nom du roi par des prévôts puis, à partir du XIIIe siècle, par des baillis. Si les Capétiens n’en firent plus un lieu de résidence, ils continuèrent à se rendre à Sens, le dernier étant Louis XIV, qui passa une nuit à l’archevêché en 1683.

 

Contrairement à ce qui se dit et s’écrit, Sens n’est donc pas une ville bourguignonne. Elle ne faisait pas partie des États du duc de Bourgogne à son apogée au XVe siècle sous Charles le Téméraire. Sous l’Ancien Régime, après le rattachement des anciens fiefs au domaine royal, le comté de Sens fut placé sous l’autorité du gouverneur de la Champagne. C’est dans la deuxième moitié du XXe siècle qu’a été créée la région Bourgogne (devenue en 2016 la région Bourgogne Franche-Comté), dont fait partie le département de l’Yonne.







Blason de la ville de Sens

 

Comme les chevaliers, les villes ont leurs armoiries. Celles de Sens datent de la fin du XIVe siècle. Le bleu azur et les fleurs de lys rappellent que le comté de Sens faisait partie du domaine royal. La tour représente celle qui se trouvait à l’entrée de la ville, le long de l’Yonne.

La devise de Sens est : Urbs antiqua senonum, nulla expugnabilis arte (ville antique des Sénons, aucune ruse n’en peut triompher).



Commentaires


Ecrivez-moi

© 2026 by Histoire en cours 

bottom of page