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Le roi saint Louis à Sens

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Dernière mise à jour : il y a 1 jour


Le 11 août 1239, le roi Louis IX et son frère Robert entrent dans la cathédrale Saint-Étienne portant le reliquaire qui contient la Couronne d’épines.

Tableau de 1824 (5,50 m de long sur 4,20 m de haut), Palais synodal de Sens.



En aout 1239, le roi Louis IX (1214 – 1226 – 1270) est à Sens. Ce n’est pas la première fois et ce n’est pas surprenant. Le roi de France y est chez lui, le comté de Sens faisant partie du domaine royal depuis deux siècles.

 

Si la ville de Sens a perdu au Moyen Âge le rôle stratégique qu’elle avait à l’époque romaine, elle reste une importante cité dans le royaume de France. Ce vaste archevêché comprenait, à l’époque, les évêchés de Chartes, d’Auxerre, de Meaux, de Paris, d’Orléans, de Nevers, et de Troyes.


C’est l’origine de la construction, au XIIIe siècle, du palais synodal où se réunissaient les évêques sous l’autorité de l’archevêque (en grec, le mot synode signifie : réunion, assemblée).



Au centre, le palais synodal, à droite la cathédrale Saint-Étienne et sa tour sud.

À gauche, la résidence de l’archevêque, bâtie sous la Renaissance, modifiée à la fin du XIXe siècle, est devenue un musée au XXe siècle.



Le 27 mai 1234, l’archevêque de Sens, membre du conseil du roi, avait célébré le mariage de Louis IX avec Marguerite de Provence dans la nouvelle cathédrale Saint-Étienne. Le lendemain, c’est aussi lui qui sacrera et couronnera la reine.



Représentation du mariage de Louis IX et de Marguerite de Provence.

Spectacle La Fresque dans la cour de l’archevêché de Sens durant l’été 2025.


Cinq ans plus tard, le roi est de retour à Sens avec la Couronne d’épines ou Sainte Couronne. De quoi s’agit-il ?

 

Selon la tradition, il s’agirait de la “couronne” que les soldats romains ont mise sur la tête de Jésus en l’appelant, par dérision, « Roi des Juifs », avant qu’il ne soit crucifié. Cette “couronne” est décrite par les évangélistes comme ayant été tressée avec des branches épineuses.



Représentation d’artiste de la Couronne d’épines



C’est une des plus importantes reliques du christianisme. Une relique est tout ce qui peut se rattacher à Jésus et aux saints. La vénération des reliques atteint son apogée au Moyen Âge, et, malgré son rejet par le protestantisme, elle est restée bien vivante chez les catholiques et les orthodoxes. Les nombreuses reliques et reliquaires du trésor de la cathédrale de Sens (accès par le musée) en sont un bon exemple.

 

Il faudra attendre que l’empereur romain Constantin mette fin en 313 aux persécutions des chrétiens pour voir apparaitre ce que l’on appelle les « reliques de la Passion », ce dernier mot désignant les souffrances endurées par Jésus, de son arrestation à sa mort sur une croix.


Dès le IVe siècle, la Sainte Couronne est présentée à la vénération des pèlerins qui se rendent à Jérusalem, avant qu’elle ne soit transférée au moment des invasions perses à Constantinople, la capitale de l’Empire byzantin.


En 1239, Louis IX (seul roi de France à avoir été déclaré saint, après sa mort, par l’Église catholique) achète cette relique. Il débourse pour cela l’équivalent de la moitié du revenu du domaine royal (et non pas, comme trop souvent écrits, du royaume, car, sous la féodalité, ce sont les titulaires de fiefs qui lèvent l’impôt). C’est pour cette même raison que le roi recevra la relique non pas à la frontière du royaume, mais à la limite sud-est du domaine royal et du comté de Champagne, à Villeneuve-l’Archevêque, plus précisément au manoir de Mauny (aujourd’hui disparu).





Le 10 août 1239, le roi Louis IX reçoit à Villeneuve-L’Archevêque la Sainte Couronne et d’autres reliques de la Passion de Jésus 

(miniature du XIVe siècle).

 

 

Louis IX et son frère cadet Robert, comte d’Artois, vont porter à pied le reliquaire sur la vingtaine de kilomètres de l’ancienne voie romaine qui sépare Villeneuve-l’Archevêque de Sens. Arrivée à Sens la nuit, la procession se dirige vers l'abbaye royale de Saint-Pierre-le-Vif, où la Sainte Couronne est présentée à la vénération des fidèles. Le lendemain, la relique est portée, toujours par le roi et son frère, à l’intérieur de la cathédrale pour une nouvelle vénération.


Enfin, elle est placée sur un bateau qui descend l’Yonne et la Seine pendant huit jours avant qu’elle ne soit débarquée à Vincennes. Après une ultime halte à Notre-Dame de Paris, la relique arrive au bout de son périple au palais royal sur l’île de la Cité. Louis IX y fera construire la Sainte-Chapelle comme écrin de la Sainte Couronne et d’autres reliques de la Passion.




La Sainte-Chapelle et l’ancien emplacement des reliques.

 


En 1806, Napoléon remet la Sainte Couronne à la garde de l’archevêque de Paris pour être placé dans le trésor de Notre-Dame où elle se trouve toujours.

 

La Sainte Couronne est un cercle de joncs tressés de 21 cm de diamètre sur lequel se trouvaient les branches d’épines. Ces dernières ne sont plus visibles aujourd’hui, car elles ont été offertes comme relique au cours des siècles par les empereurs de Byzance et les rois de France (Louis IX en offrit une cette même année 1239 à la basilique du Puy-en-Velay). Elle est placée depuis la fin du XIXe siècle dans un tube de cristal circulaire orné de branche d’épines en argent doré.



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