CHR : saint Joseph


Georges de La Tour, Saint Joseph charpentier, (XVIIe s.)




La fête de saint Joseph, le 19 mars, tombe cette année un samedi. Traditionnellement, les élèves sont invités à se mettre sur leur trente et un, faisant de cette date importante pour notre collège un jour où l’élégance et la courtoisie sont à l’honneur.


Mais que sait-on de notre saint patron ?


En réalité, très peu de chose. Les Évangiles ne nous en disent pratiquement rien et ne nous ont transmis aucune parole de lui.


Il est présenté comme un descendant d’Abraham. Ce nom nous renvoie aux trois religions monothéistes, le judaïsme, le christianisme et l’islam. Ce personnage biblique aurait vécu entre l’Euphrate et le Tigre, dans cette Mésopotamie étudiée en histoire par les sixièmes.


Joseph est l’époux de Marie qui est enceinte de Jésus lorsqu’ils vont de Nazareth à Bethléem. C’est un personnage discret et humble. Il est présent lorsque les bergers viennent, les premiers, voir Jésus : « Ils découvrirent Marie et Joseph avec le nouveau-né couché dans la mangeoire » (Évangile de saint Luc). En revanche, il s’efface lors de la venue des mages : « Ils entrèrent dans la maison, ils virent l’enfant avec Marie sa mère » (Évangile de saint Matthieu). (Se reporter au cours de CHR sur Noël et au quiz sur les rois mages).


C’est lui qui prend la mère et l’enfant pour fuir en Égypte la folie meurtrière du roi Hérode. Après la mort du tyran, il s’installe avec Marie et Jésus en Galilée où il exerce le métier d’artisan charpentier. Aujourd’hui, Jésus serait considéré par l’ONU comme migrant, vivant dans un pays où il n’est pas né ! (se reporter au cours de géographie sur les migrants)


Comme le veut la tradition chez les Hébreux, il ira avec Marie présenter Jésus enfant au Temple de Jérusalem où ils se rendront par la suite pour la fête de Pessah, la Pâque juive. Chaque fois que Dieu s’adresse à Joseph, c’est lors de son sommeil comme à Samuel au Temple (se reporter au cours de CHR). C’est tout.


Cela est suffisant pour affirmer que Joseph a vécu en bon père de famille. L’expression : gérer en bon père de famille, a été curieusement supprimée en droit français (mais pas dans le dictionnaire de l’Académie française où il figure depuis le XVIIe siècle). Elle a toujours signifié agir avec prudence (on parle d’un placement de père de famille), transmettre ce que l’on avait soi-même reçu. On écrivait aussi qu’un locataire devait occuper ses locaux en bon père de famille, c’est-à-dire les rendre en bon état au propriétaire en fin de bail. Jésus a dû être élevé par Joseph dans le souci de la transmission ainsi que du respect des biens des autres. Un Joseph qui ne devait pas manquer de bienveillance. Le psaume (chant biblique) 102 évoque « la tendresse du père ».


Un père de famille, c’est celui qui protège et qui éduque. Le Jésus historique est un enfant comme les autres qui, après la sécurité du ventre de sa mère Marie, va apprendre à affronter les difficultés de la vie auprès de Joseph. C’est pour cela que les Évangiles n’en disent pas plus. Jésus a eu l’enfance de la plupart des enfants comme nous le dit l’Évangile de saint Luc : « Quant à Jésus, il grandissait en sagesse, en taille et en grâce, devant Dieu et devant les hommes. » Peut-être a-t-il appris le métier de charpentier auprès de Joseph ? Puis celui-ci s’est effacé pour laisser Jésus, devenu adulte, accomplir la mission que lui a confiée Dieu, ce qui explique qu’il ne soit plus nommé dans les Évangiles à partir de ce moment.


C’est ce qui fait l’originalité du christianisme. Les chrétiens croient en un Dieu qui se fait homme. L’histoire nous révèle que Jésus a vécu comme un juif dans l’Empire romain (se reporter au cours d’histoire de 6e).


Bonne fête à tous.


M. de Fraguier

Aubervilliers, Mars 2022